UNISANTÉ, L’ALLIANCE FACE AUX DÉFIS DE LA SANTÉ PUBLIQUE

Formellement « Centre universitaire de médecine générale et santé publique vaudois », issu de la fusion de plusieurs institutions, Unisanté est actif depuis janvier 2019. Dotée d’un statut d’établissement de droit public autonome, indépendante du CHUV mais complémentaire, cette instance est d’un genre inédit en Suisse. Elle résulte de la volonté d’améliorer l’efficience de l’attribution des ressources et de la nécessité de parfaire la coordination entre les différents acteurs du système de soins de première ligne face aux besoins actuels et futurs d’une population grandissante et vieillissante. Cela avec, notamment, pour objectif de profiler davantage le CHUV plutôt comme un centre de médecine secondaire et tertiaire. Les défis posés par la pandémie en 2020 lui ont permis de mettre à l’épreuve la transversalité de ses pratiques et sa large expérience de terrain.

« Si vous aviez encore des doutes sur la pertinence d’avoir rassemblé au sein d’un même centre universitaire la médecine générale, la santé publique, la santé au travail et la promotion de la santé, la gestion de la crise sanitaire devrait définitive- ment les avoir levés », relevait le professeur Jacques Cornuz, directeur général d’Unisanté dans le rapport d’activité de l’institution pour 2020 qui fait état de 293 886 contacts patients cette année-là.

Unisanté est l’appellation et le logo du Centre universitaire de médecine générale et santé publique créé en 2019 résultant du projet de fusion « Alliance santé» conduit par la Direction générale de la santé, le CHUV, la Policlinique médicale universitaire (PMU) et la Faculté de biologie et médecine de l’Université de Lausanne. Il ne s’agit pas d’un service de l’Etat, mais d’un établissement de droit public autonome, c’est-à-dire pourvu de sa propre personnalité juridique.

Unisanté est né de la volonté politique de mutualiser les ressources de plusieurs instances pour développer une interdis- ciplinarité fondée sur l’union des compétences afin de faire face aux besoins actuels et futurs de la population et de lui garantir un meilleur état de santé. Présentée par Pierre-Yves Maillard dans ses derniers mois de conseiller d’Etat, la créa- tion d’Unisanté résultait aussi de difficultés de gouvernance à Promotion Santé Vaud (ProSV) et de problèmes financiers à l’Institut romand de santé au travail (IRST), débordé de demandes. Sous cette bannière commune ont notamment été réunis la PMU, l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP), l’IRST, ProSV, le Programme cantonal Diabète et la Fondation vaudoise pour le dépistage du cancer, intégrée en 2020. Installée sur une quinzaine de sites dans le canton, dont une dizaine dans la région lausannoise, cette unification d’un genre inédit en Suisse occupe quelque 880 collaboratrices et collaborateurs (571 EPT).

L’institution est dotée de sa propre gouvernance. Celle-ci est assumée par un Conseil qui valide un plan stratégique précisant missions et objectifs, plan élaboré de manière participative par les organes dirigeants d’Unisanté, puis ratifié par le Conseil d’Etat. Présidé par le professeur Dominique Arlettaz, ce Conseil est formé de sept membres désignés par le Conseil d’Etat sur la base de leurs compétences et expérience. En font partie actuellement: Christa Calpini, pharmacienne et ancienne députée, Anne Marion Freiss, préfète du district Ouest lausannois, Teresa Gyuriga, infirmière cheffe de service à l’Hôpital de l’Enfance, le professeur Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé global UNIGE, le docteur Sébastien Jotterand, président de Médecins de famille Vaud, et le docteur Bertrand Kiefer, médecin et rédacteur en chef de la Revue Médicale Suisse.

« Aujourd’hui, il est impossible pour une seule institution universitaire de se profiler dans tous les domaines de la médecine et de la santé, expliquait le professeur Jacques Cornuz, interrogé dans la Revue Médicale Suisse. Les connaissances explosent: il faut choisir. » Pour le directeur général d’Uni- santé, « le CHUV se profile de plus en plus comme un centre de compétences en médecine secondaire et tertiaire. Il doit investir et se développer dans des secteurs de médecine hautement spécialisée, comme c’est par exemple le cas à Lausanne avec l’immunothérapie. D’où le projet d’en séparer la médecine communautaire. Moins spectaculaire et high-tech que la médecine biologique et de pointe, elle demande une approche différente et qui lui soit complètement dédiée. » Financé par l’Etat de Vaud, Unisanté exerce ses missions dans le cadre d’un contrat de prestation avec le Département can- tonal de la santé et de l’action sociale et de l’Université de Lausanne. La raison d’être d’Unisanté est l’accomplissement de six missions sur les thèmes suivants: première ligne de soins, populations en situation de vulnérabilité, promotion de la santé et préventions, systèmes et services de santé, médecine et santé au travail, recherche et enseignement.

 

Installée sur une quinzaine de sites dans le canton, dont une dizaine dans la région lausannoise, Unisanté occupe quelque 880 collaboratrices et collaborateurs (571 EPT). DR

 

LES SIX MISSIONS D’UNISANTÉ

Première ligne de soins. Parmi les 160 soignantes et soignants impliqués au sein d’Unisanté, plus de la moitié ont un rôle très engagé en première ligne auprès des personnes qui consultent en urgence. Quelques 30 assistantes médicales, dotées de compétences relationnelles, médicotechniques et administratives avérées, coordonnent la prise en charge des patients et effectuent les examens et les soins prescrits par le médecin. Pour compléter leurs connaissances et compétences, une formation à la technique de pose de perfusions et une sensibilisation aux questions de radioprotection sont nouvellement proposées.

Populations en situation de vulnérabilité. Depuis le 1er septembre 2019, une infirmière de première ligne du secteur Soins aux migrants du Département vulnérabilités et médecine sociale (DVMS) assure la prise en charge et le suivi médical des bénéficiaires de l’Association de soutien aux victimes de traite et d’exploitation (ASTREE), sous la supervision d’une cheffe de clinique.

Promotion de la santé et préventions. En collaboration avec la Direction santé communautaire du canton de Vaud, le Département Promotion de la santé et préventions a élaboré en 2020 le quatrième Programme d’action cantonal en matière d’alimentation, d’activité physique et de santé mentale auprès de la population vaudoise (PAC), qui sera mis en œuvre de 2021 à 2024.

Systèmes et services de santé. L’Ecole suisse de santé publique (Swiss School of Public Health – SSPH+) est la fondation faîtière des centres et instituts académiques en santé publique et épidémiologie de douze hautes écoles, dont font partie Unisanté et l’Université de Lausanne.

Médecine et santé au travail. La disparition des expositions massives à l’amiante en milieu professionnel a mis en relief les situa- tions d’exposition plus diffuses, mais qui touchent la population générale. Le Département Santé, travail et environnement (DSTE) réalise des études à ce propos.

Recherche et enseignement. Le vieillissement de la population pose un défi majeur aux systèmes de santé. Dans ce contexte, le rôle des médecins de famille doit évoluer vers une prise en charge préservant au mieux les capacités.