UNE VILLE EN MUTATION

La population de Lausanne est résolument repartie à la hausse depuis 2001, pour atteindre un record de 150 000 âmes à fin 2023.

DÉMOGRAPHIE GALOPANTE
Ce parc de logements actuels et futurs est à mettre en perspective avec l’augmentation de la population. Lausanne a passé l’automne dernier le cap des 150 000 habitant·e·s représentant 74 445 ménages privés. Tout indique que la quatrième ville de Suisse la plus peuplée ne va pas en rester là. Plus cosmopolite que jamais, elle compte actuellement 42 % de résidants étrangers représentant 166 nationalités. Quelque 40 000 sont des ressortissant·e·s de l’Union Européenne, la France étant la plus représentée (20 %), devant le Portugal (12 %).

Après une vingtaine d’années de croissance négative, due principalement à l’exode vers les communes voisines, la courbe démographique est donc résolument partie à la hausse. Il demeure que le solde de migration interne, c’est-à-dire les déménagements surtout vers d’autres communes du canton ou plus rarement vers d’autres cantons, reste non négligeable. L’Office fédéral de la statistique indique en effet qu’en 2022 ont été comptabilisés 9384 départs de Lausanne pour 7009 arrivées. Avec un solde migratoire négatif de 2375 âmes, la commune de Lausanne fait nettement moins bien que celle de Berne qui, bien que presque autant peuplée, ne déplorait cette année-là qu’un solde migratoire négatif de de 1327 personnes.

 

 

 

De l’emblématique mais obsolète stade olympique de la Pontaise ne pourrait subsister que son portique.

QUE FAIRE DU STADE OLYMPIQUE ?
Bien qu’encore imprécise, la troisième et dernière phase du programme Métamorphose aux Plaines-du-Loup ne cesse d’agiter les esprits en raison du sort à réserver au Stade Olympique, en principe voué à disparaître. Construit de 1951 à 1954 en vue du championnat du monde de foot de 1954, la noble infrastructure est censée laisser sa place à la poursuite de l’urbanisation
des Plaines-du-Loup, dans un secteur hautement important pour la rentabilisation de Métamorphose, car le mieux connecté au centre-ville.

De fait, le vénérable stade, surdimensionné, dont l’usage est devenu compliqué, n’a pratiquement plus d’utilité à la mesure de son infrastructure depuis la construction du stade de la Tuilière. Il n’en n’aura plus du tout lorsque le meeting Athletissima retrouvera un stade Pierre-de-Coubertin transfiguré à Vidy.

Plusieurs interventions pour la conservation de ce véritable monument n’ont pour l’heure pas abouti. La Commission fédérale des monuments historiques n’entrerait en matière que sur demande de la Confédération ou du Canton de Vaud, or ce dernier ne semble guère enclin à aller contre la volonté de la Ville de Lausanne. La commune a en effet clairement condamné cette infrastructure. Reste à savoir si cette dernière sera rasée. Elle pourrait ne conserver que son portique d’entrée comme marque historique, ou être transformée, ainsi que l’ont été plusieurs stades désaffectés de par le monde. Plusieurs options seraient donc ouvertes à l’heure actuelle, telle que conservation de la forme ovale, et implantation de logements, hôtellerie ou espaces de bureaux.