ERL SE MOBILISE POUR RÉCHAUFFER DES VITRINES FROIDES

À Lausanne comme dans d’autres grandes villes, les vitrines laissées vides à la suite d’un départ sans successeur notamment en raison de la cherté des loyers se multiplient. Des initiatives innovantes comme celle d’ERL commencent à émerger.

Un hub lausannois de sous-locations temporaires à loyer abordable pour des entrepreneurs, artisans et commerçants innovants. Telle est la proposition d’économie Région Lausanne (ERL) pour contrer l’augmentation du nombre des vitrines vides et de locaux commerciaux inoccupés en ville et éviter, même provisoirement, l’effet visuel de déclin urbain.

Vaud Statistique dénombrait au 1er juin 2025, dans le district de Lausanne, 68 magasins ou locaux de vente vacants. Un an plus tôt à la même date, on en comptait 51 ; début juin 2023, il y en avait 43. En dix ans, leur nombre a été multiplié par quatre. Des loyers annuels de 500 à 1000 francs le m2 dans l’hyper-centre achèvent souvent de rendre insupportable le maintien de l’exploitation d’une enseigne locale et dissuadent les repreneurs éventuels. Le phénomène soulève des inquiétudes croissantes sur l’avenir économique et social en milieu urbain. Des initiatives innovantes commencent à émerger.

Des propriétaires préfèrent parfois laisser leurs locaux inoccupés plutôt que de baisser durablement les loyers et risquer d’affaiblir la valeur de leur bien. Concrètement, ERL propose de conclure avec eux un partenariat solide en louant ces surfaces en son nom, puis en les sous-louant à des prix abordables pour une durée de trois à douze mois. Retenus à l’issue d’une sélection qualitative, de jeunes entrepreneurs, marques, artisans ou commerçants pourraient ainsi s’y installer avec pignon sur rue afin de tester leur concept sans s’engager financièrement sur un bail long et coûteux.

De quoi réchauffer des vitrines froides de manière innovante, dans l’intérêt des propriétaires qui gagneraient en souplesse en rentabilisant un local en attente tout en gardant la liberté de négocier un bail classique ultérieurement. De plus, de tels pop-up apportant la nouveauté et suscitant la curiosité attirent un public varié, souvent jeunes et en quête d’expérience, gage d’un flux piétonnier accru et d’une dynamisation du centre-ville.

Un outil stratégique
Outil stratégique dans la politique de revitalisation commerciale, l’idée des pop up proposée par ERL séduit les administrations communale et cantonale. Car le phénomène des vitrines froides est la partie la plus visible et la plus choquante d’une crise silencieuse aux effets profonds et délétères sur la vie urbaine et l’attractivité de la capitale vaudoise. Par cessation d’activité contrainte ou par difficulté à trouver une succession, les causes de cette situation préoccupante sont multiples et souvent interconnectées, avec en bonne place la cherté croissante des loyers commerciaux disproportionnés en regard de la rentabilité espérée par leurs locataires.

À Lausanne, Élise Rabaey, responsable promotion du centre-ville à l’Unité municipale de développement et promotion de la Ville (UDPV) se réjouit d’une telle initiative pour occuper des espaces vides. « Nous travaillons la main dans la main avec les milieux de l’économie. Cette idée de hub pourrait être une chouette proposition à plusieurs niveaux, d’abord parce que cela occupe un espace qui serait resté vide, et aussi parce que répond à un vrai enjeu en termes d’offres de commerces. De plus, cela peut mettre en avant des talents que l’on ne connaît pas forcément et qui peuvent être une vraie plus-value pour l’attractivité de la ville. Quand bien même la marge de manœuvre n’est pas énorme, nous allons pouvoir approcher différentes régies pour comprendre ce que sont leurs réalités et ce qui pourrait les intéresser. La réflexion est en cours, et elle est amorcée aussi au niveau du Canton. »