ÉTAT DES LIEUX 2025 OFFICIEL DE L’ÉCONOMIE LAUSANNOISE


Grâce à son dynamisme démographique, son tissu entrepreneurial et sa capacité à attirer les talents, Lausanne continue d’avancer malgré les tensions.

Afin de permettre de mieux comprendre les dynamiques économiques locales, l’Office d’appui économique et statistique (OAES) du Service de l’économie de la Ville de Lausanne publie chaque année un rapport sur les réalités, les évolutions et les transformations de la situation conjoncturelle, du tissu entrepreneurial et du marché du travail lausannois. Les indicateurs 2025 ne sont pas tous au beau fixe, loin s’en faut, mais aux yeux de Pierre-Antoine Hildbrand, Municipal en charge notamment de l’Économie, les résultats confirment que « Lausanne, grâce à son dynamisme démographique, son tissu entrepreneurial et sa capacité à attirer les talents, continue d’avancer malgré les tensions conjoncturelles ». Et de rappeler que « depuis 2016, l’emploi à Lausanne a plus crû que la population ».

La croissance de la population lausannoise s’est poursuivie en 2024. À fin décembre, 150 876 personnes étaient inscrites au Contrôle des habitants. Cette croissance est toutefois en léger repli par comparaison à la moyenne depuis 2011. La contraction de la natalité observée depuis les années 2010 en est l’une des causes, ainsi, par exemple, que la poursuite de la diminution de l’effectif des personnes de nationalité portugaise. C’est surtout l’arrivée d’étrangers, notamment espagnols et français, qui représente en 2024 plus de la moitié de 1320 nouveaux habitants. Globalement, la part de la population étrangère à Lausanne était 42,5 % fin de l’an passé, dont 22 % française, 12 % portugaise, 10 % italienne et 9 % espagnole. L’ensemble des ressortissants étrangers représentent plus de la moitié de la population âgée de 30 à 44 ans. Et de relever que la croissance démographique de Lausanne se distingue de celle à l’échelon national où la plus grande augmentation concerne les plus de 50 ans.

Dans le Canton de Vaud, les demandeurs d’emploi comprennent tous les individus inscrits auprès d’un Office régional de placement (ORP), qu’ils soient chômeurs ou non-chômeurs.

9 % de demandeurs d’emplois
Indicateur majeur de l’activité économique, le marché du travail à Lausanne avait atteint son taux de chômage le plus bas depuis 20 ans en avril 2023 (4,1 %). Puis ce taux est reparti à la hausse, grimpant à 6 % en février 2025, avant de redescendre à 5,8 % en mai, comme cela s’observe généralement depuis 20 ans. À noter que le canton de Vaud est l’un des seuls à comptabiliser ensemble chômeurs et bénéficiaires du RI ; le taux de chômage réel était en fait de 5,3 % en mai 2025. Pour autant, l’OAES précise que la baisse notée en mai n’indique pas un relâchement sur le marché du travail.

Le taux de demandeurs d’emploi, à savoir les individus, chômeurs ou non-chômeurs, inscrits auprès d’un Office régional de placement (ORP) a en effet atteint 9 % en mai 2025. « La structure socio-économique de la population lausannoise, à l’instar de celle d’autres villes vaudoises et de Genève, accentue l’incidence du chômage dont le niveau national reste plus modeste et même bas (2,8 %) en comparaison internationale », expliquent les auteurs du rapport.

Tous les groupes de population et la plupart des branches sont en difficulté. Avec des variations notables selon les secteurs. L’hôtellerie et la restauration ont vu le nombre de personnes à la recherche d’un emploi augmenter en un an de 18 %. Le commerce de détail a atteint son nombre de demandeurs le plus bas en novembre dernier, avant de le voir bondir de 24,2 %, avec 452 personnes, en mai 2025, effectif toutefois en-dessous de son niveau pré-pandémie. Le nombre de frontaliers ne cesse d’augmenter. La Ville de Lausanne en comptait 8’600 en mars 2025, soit 1,3 % de plus par rapport au même trimestre de 2024. Ces personnes sont surtout employées dans l’administration publique, le commerce de détail et la restauration. La progression à période égale est toutefois moindre qu’en 2024, où elle avait été de 9,4 %. Plus de la moitié de ces frontaliers sont des hommes, d’une quarantaine d’années. Quoi qu’il en soit, l’emploi continue de croître, dans une économie essentiellement active dans les services, avec 94,2 % des EPT œuvrant dans le secteur tertiaire. La commune de Lausanne abrite quelque 24 000 entreprises. Dans la capitale olympique comme en Suisse d’une manière générale, les petites et moyennes entreprises constituent la grande majorité des établissements : les grandes de 250 EPT comptent pour 0,3 % contre 87,9 % pour celles n’employant pas plus de 9 EPT. À Lausanne, le secteur public représente plus d’un emploi sur quatre. C’est la part la plus élevée parmi les cinq grandes villes du pays, excepté celle de Berne à la fois capitale cantonale et fédérale.

Joyaux de la couronne
Si les prévisions sont quelque peu hasardeuses, il est toutefois certain qu’à terme, la mise en service en 2026 de la ligne de tram t1 va non seulement remodeler la mobilité dans la région lausannoise, mais aussi procurer des opportunités d’implantation d’activités sur les secteurs de Sévelin et de Sébeillon, secteurs appelés à jouer un rôle de première importance pour le développement de la capacité d’accueil de nouvelles places de travail à Lausanne.

Les nouvelles sont plutôt bonnes s’agissant de l’innovation, l’un des domaines les plus porteurs de croissance dans le Canton et à Lausanne. Des vingt-quatre start-ups vaudoises figurant dans le TOP 100 suisse 2024 neuf sont en effet situées à Lausanne (lire en page 23). Le Biopôle, grand campus dédié aux sciences de la vie, à cheval sur les communes de Lausanne et d’Epalinges, illustre cette dynamique de l’innovation : il accueille aujourd’hui 575 entreprises actives dans les domaines de la biotechnologie, de l’innovation médicale et des technologies de la santé, générant quelque 2600 emplois sur le site.

Optimisme enfin aussi en matière de tourisme. La branche poursuit sa remontée, certes lentement, mais sûrement. L’an passé, 971 000 nuitées hôtelières ont été enregistrées sur la commune de Lausanne. Ce chiffre est toutefois inférieur de 1,8 % au record de 2019, alors que pour l’ensemble du pays, la fréquentation pré-pandémie a été dépassée dès 2023. « Parmi les grandes villes et destinations suisses, Lausanne est la seule à ne pas avoir retrouvé sa fréquentation d’avant-crise », observe l’OAES. Toutefois, avec 260’000 unités entre janvier et avril 2025 (-1 % par rapport à 2019), le nombre de nuitées hôtelières à Lausanne a connu un bond de 6,4 % par rapport à la même période de l’année précédente.